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Sanctuaire de l'Universel, Suresnes

Dossier IA92000572 inclus dans Présentation de l’œuvre d'Hervé Baley (1933-2010) réalisé en 2016

Fiche

Dénominations ensemble commémoratif
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Suresnes
Adresse : 13 rue de La Tuilerie
Cadastre : 2016 000AG01 115
Précisions

Le Sanctuaire de l'Universel à Surenes est élevé dans le jardin de la résidence qu'occupait le musicien indien Hazrat Inayat Khan (1882-1926), l'un des introducteur du soufisme en Occident. Réalisé en 1990 par l'architecte Hervé Baley, il est consacré à la mémoire de Noor Inayat Khan, fille aînée d'Hazrat Inayat Khan, exécutée à Dachau le 12 septembre 1944 à l'âge de 30 ans. Figure de la Résistance française, Noor Inayat Khan rallie Londres en 1940 puis revient en France en 1943 pour rejoindre le réseau Prosper sous le pseudonyme de Madeleine. A Suresnes, depuis 2013 une école porte son nom. La forme particulière du Sanctuaire s'explique par une vision d'Hazrat Inayat Khan qui avait visualisé l’Universel sous forme de quatre bouddhas assis méditant, dos à dos, face aux quatre directions cardinales. Hervé Baley fera de cette vision le principe constructif de l’édifice.

Période(s) Principale : 4e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1990, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Baley Hervé, Michel, Marie,
Hervé, Michel, Marie Baley (17 mai 1933 - 5 octobre 2010)

Hervé Baley est un architecte français actif principalement en région parisienne à partir des années 1960. Élève de Georges-Henri Pingusson (1894-1978), puis à partir de 1954 de Jean Faugeron (1915-1983), il étudie dans les ateliers libres d'architecture de l'École des beaux-arts de Paris, où il rencontre son premier associé, Dominique Zimbacca (1928-2011). Tous deux fondent l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement (A.A.A.) entre 1959 et 1960, et Hervé Baley entame alors une carrière d'architecte-décorateur. Il aménage en effet un certain nombre d'appartements parisiens, et construit principalement des maisons individuelles en Ile-de-France. Daniel Ginat (1936- ) et Alain Marcoz (1932- ) sont alors devenus ses deux principaux associés. Sa ligne créatrice est profondément inspirée de Frank Lloyd Wright (1867-1959), qu'il admire beaucoup pour ses qualités spatiales intérieures, comme pour son souci de développer un rapport harmonieux avec le site extérieur dans lequel s'implante l'architecture.

L'agence d'Hervé Baley connaît par la suite une baisse d'activité, à mettre en lien avec les débuts en tant que professeur à l'École Spéciale d'Architecture (ESA). À la rentrée 1968, l'architecte est en effet recruté comme chef d'atelier dans cette école, et dirigera pendant plus de vingt ans, jusqu'en 1990, l'atelier Sens et Espace. Dans celui-ci, il s'attache à sensibiliser ses élèves aux principes de l'architecture organique héritée de Frank Lloyd Wright et développe une pédagogie basée sur l'expérimentation spatiale qui lui est propre. Lorsque l'enseignant se voit obligé de fermer son atelier d'architecture, Hervé Baley retrouve son activité exclusive d'architecte. La difficulté à obtenir de nouvelles commandes le pousse au milieu des années 1990 à partir s'installer à Marrakech, où il s'éteint en 2010, après avoir construit dans la région plusieurs villas.


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architecte, signature

Le Sanctuaire de l'Universel est construit selon une forme ogivale. L'intention de l'architecte a été d'évoquer la forme des poumons humains. L’édifice se présente sous forme de quatre coques de résine reliées entre elles par des vitrages en plexiglas. Chaque coque est formée de trois coques, soit 12 coques au total, réunies entre elles par des plaques de plexiglas, deux entre chaque coque, soit huit au total. Tout dans l’édifice invite à «un dialogue entre les mondes intérieurs et extérieurs». Le sol en marbre noir accentue l’effet de la lumière et des reflets. Au sommet, la clef de voûte, une croix en plexiglas, donne la sensation de réfracter vers les cieux la lumière accumulée dans l’édifice.

Toit matériau synthétique en couverture
Couvertures
Escaliers
Techniques maçonnerie
menuiserie
Représentations représentation non figurative, triangle
Statut de la propriété propriété d'une association

Annexes

  • BALEY, Hervé, H. Baley, D. Ginat, A. Marcoz, Aujourd'hui : Art et Architecture, septembre 1966, n°54 France 1, p.64

    L’architecture est le moyen de situer l’individu

    dans un contexte vital.

    C’est le geste de créer un lieu,

    qui lui donne la possibilité d’être chez lui

    dans le cadre environnant,

    qui le situe par rapport à ce cadre

    et le situe par rapport à lui-même.

    En cela seulement réside le réel confort.

    C’est le geste d’accueillir.

    C’est faire que la forme accueille l’espace

    et l’espace la lumière ;

    que l’intérieur accueille l’extérieur

    et que l’extérieur exalte l’intérieur.

    C’est la faire fleurir l’espace

    au moyen de la lumière

    et des formes.

    L’œuvre bâtie comme une plante se développe.

    Il n’y a que le développement de formes

    et espaces se développant :

    démarche que l’homme décide par son geste

    et dans son geste accompagne.

    Le geste est l’efflorescence de la géométrie

    dans lequel elle s’épanouit et s’exalte

    devenant vivante et spatiale ;

    ainsi qu’il en est sa parure

    il est sa raison d’être, sa richesse, son langage.

    L’œuvre architecturée est en continuel changement

    selon les respirations diverses de la vie ;

    elle est elle-même vie et devenir ;

    elle ne peut donc

    ni s’inscrire dans une définition

    ni s’ériger en théorie.

    Elle est ambiance et non image.

    Image : proposition définie

    qui est prisonnière d’elle-même et qui emprisonne,

    expression d’un moment

    dans une époque,

    dans un style,

    dans une mode.

    Telles furent depuis la Renaissance

    avec leur semblant de révolutions

    nos fiertés architecturales.

    Une image ne sera jamais que belle ou laide.

    Une ambiance sera toujours évocatrice.

    L’architecture est incantation et évocation ;

    son essence est analogie,

    sa recherche est connaissance de la vie,

    son expression est poésie,

    son verbe est hors du temps.

    Hervé Baley.

Références documentaires

Périodiques
  • LOMBARDET, Annick. Hervé Baley et Dominique Zimbacca. Architectes précurseurs et visionnaires. Les Cahiers d'IFMA-France, juin 2016, n°24, Une approche expérimentale : l'atelier Sens Espace, couverture.

    p.7
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


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- Van Eynde Salomé
Salomé Van Eynde

Étudiante de l'École du Louvre et diplômée d'une licence de philosophie (université Sorbonne-Paris IV), Salomé Van Eynde est l'auteur d'un mémoire, soutenu en juin 2017, sur l'enseignement d'Hervé Baley à l'École Spéciale d'Architecture (1968-1990). Elle réalise un stage au sein du service de l'Inventaire de la région Ile-de-France en mai et juin de la même année, stage au cours duquel elle seconde la conservatrice du patrimoine Anne-Laure Sol dans ses recherches sur Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).


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