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Maison Zimbacca, La Varennes-Jarcy

Dossier IA91001047 inclus dans Présentation de l’œuvre de Dominique Zimbacca (1928-2011) réalisé en 2017

Fiche

Cette maison a été réalisée par Dominique Zimbacca, qui l'a habitée puis vendue à monsieur Desprès. C'est auprès de lui que Marc Altazin l'a acquise en 2010.

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Varennes-Jarcy
Adresse : 10 bis sente de Gresles
Cadastre : 2015 000 AH 01 60

Cette maison est celle que Dominique Zimbacca a fait construire pour y habiter de 1987 à 1993, avec sa première épouse Geneviève. Il en a dessiné les plans, suivi la réalisation et a également conçu le mobilier (qu'il a emporté avec lui au moment de son départ pour Tourrouvre dans l'Orne . Seuls les éléments scellés à la maçonnerie sont toujours là : placards, table de salle à manger, couvercle des bancs disposés en gradins dans la pièce principale). En 1993, Dominique Zimbacca a vendu cette maison à M.Desprès , qui l'a lui même revendu à 2010 à M.Altazin, actuel propriétaire. Celui ci nous a confié avoir beaucoup modifié le jardin et fait abattre énormément d'arbres. La maison était autrefois totalement dissimulée dans la végétation.

Ouverture des espaces, cheminée centrale offrant un axe de circulation vertical, développement d'une continuité entre intérieur et extérieur, intégration de la maison sur son site sont des caractéristiques propres aux réalisations de Dominique Zimbacca.

Période(s) Principale : 4e quart 20e siècle
Dates 1986, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Zimbacca Jean-Pierre, Raymond, dit(e) Dominique ,
Jean-Pierre, Raymond Zimbacca , né(e) Zimbacca , dit(e) Dominique (1 mars 1928 - 4 janvier 2011)

Étudiant à l’École des Beaux-Arts à partir de 1951, Dominique Zimbacca suit les cours de l'atelier Chappey puis ceux de l'atelier de Jean Faugeron (en 1958). C'est probablement là qu'il rencontre Hervé Baley (1933-2010) avec qui il crée entre 1959 et 1960 l'Atelier d'Architecture et Aménagement. C'est dans ce cadre qu'ils réalisent une première maison à Cholet, dite maison Résibois. Leur collaboration dure quelques années, prenant le plus souvent la forme de création de mobiliers. En 1968, alors qu'Hervé Baley devient professeur à l’École spéciale d'Architecture et fonde l'atelier Sens et Espace, D. Zimbacca donne quelques conférences et fonde le groupe Art et Habitation où il dispense un enseignement informel. En 1968, il épouse Geneviève Fournier. En 1969, il est chargé de la construction du Centre Paroissial Jean XXIII à Saint Quentin (Aisne). C'est à partir des années 70 que son activité de constructeur se développe réellement tout en maintenant une intense activité de concepteur de mobilier (il collabore de façon exclusive avec deux menuisiers successivement, M.Jacobi puis Jacques Mauraisin). Il réalise sa première maison en 1979 à Corbeil-Essonnes, et l'en-tête de son papier à lettres indique alors " Dominique Zimbacca, architecte, création de maisons organiques-architecture d'intérieur-mobilier.".

1979 : Maison Michard à Corbeil-Essonnes (Essonne)

1979-81 : Mobilier de la maison Auriol (architecte Edmond Lay, né en 1930)

1982 : Inscription à l'Ordre des Architectes d'Ile-de-France

1987 : Participation au Salon de la Maison Individuelle, Palais des Congrès, Paris.

1988 : Maison Von Bredow, Yerres (Essonne) sur un terrain lui appartenant (également construction de la maison Bru et de la maison Andrès)

1989 : Maison Étienne, La Chapelle du Mont du Chat (Savoie)

1997 : Construction de sa propre maison à Tourouvre (Orne)

1999 : Mariage avec Lucienne Wack

2002 : Démission de l'Ordre des Architectes

2011 : Décès. Dominique Zimbacca est enterré à Tourouvre, aux cotés de sa première épouse Geneviève Fournier.


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architecte, attribution par travaux historiques

Cette maison est construite sur un vaste terrain paysager, et bien que la parcelle soit mitoyenne, elle reste invisible depuis la rue, isolée par la végétation. Placée au fond de la parcelle, la maison est accessible par un sentier recouvert d'herbe, sa façade postérieure est complétement entourée d'arbres. Pour donner à son habitation un aspect "enterré", Dominique Zimbacca a fait réaliser une butte de terre au milieu du jardin dont la maison semble émerger, impression confortée par l'absence de murs visibles depuis l'extérieur. Cet effet est encore accentué par la présence d'une toiture complexe composée de toits à très longs versants et larges débords, prolongés par un système de poutraison extérieur qui s'étend presque jusqu'au sol. La maison se déploie essentiellement sur un plan horizontal et épouse les différentes hauteurs de la butte, permettant un jeu de niveaux marqué à l'extérieur comme à l'intérieur. Cet espace en longueur se développe à ses deux extrémités et en son centre par des pièces triangulaires. Deux de ces pièces ouvrent sur une terrasse (celle de gauche a été recouverte d'une verrière par le propriétaire qui a succédé à D.Zimbacca). La maison est coiffée d'un lanterneau adossé à la cheminée. Un mur constitué de blocs de Siporex forme un premier plan et sert à marquer l'entrée principale de la maison. L'espace des baies vitrées se déploie lui aussi horizontalement, rythmé par la menuiserie des huisseries, de façon continue le long des ouvertures donnant sur le jardin. Le troisième plan, proportionnellement le plus important, est formé par la toiture, dont les versants de tailles différentes évoquent un origami. Originellement en shingle, le toit est désormais recouvert de tuiles d'ardoise mécaniques.

Composée d'un rez de chaussée, et d'un espace situé en mezzanine mais fermé (et dans lequel se trouvent les chambres d'enfants), la maison est organisée de façon à privilégier l'orientation d'un maximum d'espaces habitables autour d'une cheminée centrale à double foyers. Réalisée en parpaings de Siporex, elle forme le véritable pivot de la maison. La cheminée se trouve en contrebas d'un système de gradins qui évoque un théâtre. Cette cheminée rejoint un plafond lambrissé, la charpente n'étant pas ici apparente. Tous les espaces de la maison sont ouverts et communiquent les uns avec les autres. Ils se décomposent comme suit : une cuisine ouverte sur le jardin par une longue fenêtre étroite et dont la limite avec la pièce principale est marquée par une longue table encastrée dans le mur, dessinée par D.Zimbacca (modèle qu'il reproduira à Tourouvre). A l'autre extrémité se trouve la chambre des parents, qui s'ouvre sur l'une des deux terrasses. L'orbe des gradins se prolonge jusqu'à la porte d'entrée. Le mur est ici remplacé par une grande baie vitrée, devant laquelle une vaste jardinière brouille encore la frontière entre l’extérieur et l'intérieur.

Murs béton parpaing de béton enduit
Toit ardoise
Étages rez-de-chaussée
Couvrements lambris de couvrement
Escaliers escalier intérieur
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Bibliographie
  • LOMBARDET Annick (dir.). Intérieur Extérieur. Habiter autrement. Exposition d'architecture inaugurée à Rodez, galerie La Menuiserie, le15 mai 2004, La Vacquerie, Cantercel, 2004.

    p.11, illu.4
Périodiques
  • LOMBARDET, Annick. Hervé Baley et Dominique Zimbacca. Architectes précurseurs et visionnaires. Les Cahiers d'IFMA-France, juin 2016, n°24, Une approche expérimentale : l'atelier Sens Espace, couverture.

    p.8
  • LOMBARDET, Annick. Cantercel, una ricerca ed esperienza di architettura organica. Jean-Pierre Campredon e Annick Lombardet. Le Carré bleu, 2013, n°1, p.45-47.

    p.47
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


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- Van Eynde Salomé
Salomé Van Eynde

Étudiante de l'École du Louvre et diplômée d'une licence de philosophie (université Sorbonne-Paris IV), Salomé Van Eynde est l'auteur d'un mémoire, soutenu en juin 2017, sur l'enseignement d'Hervé Baley à l'École Spéciale d'Architecture (1968-1990). Elle réalise un stage au sein du service de l'Inventaire de la région Ile-de-France en mai et juin de la même année, stage au cours duquel elle seconde la conservatrice du patrimoine Anne-Laure Sol dans ses recherches sur Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).


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