Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison Von Bredow, Yerres

Dossier IA91001049 inclus dans Hameau de Bellevue, Yerres réalisé en 2017

Cette maison a été commandée à Dominique Zimbacca par Monsieur et Madame Von Bredow qui l'occupent toujours.

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Yerres
Adresse : 101 ter rue de Bellevue
Cadastre : 2015 000 AC 01 488

Plusieurs modifications ont été apportées par les propriétaires : le shingle du toit a été changé pour de l'ardoise, et les panneaux de polycarbonate qui fermaient les pyramides situées devant la maison, remplacés par du verre.

Période(s) Principale : 1er quart 21e siècle
Dates 1988, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Zimbacca Jean-Pierre, Raymond, dit(e) Dominique ,
Jean-Pierre, Raymond Zimbacca , né(e) Zimbacca , dit(e) Dominique (1 mars 1928 - 4 janvier 2011)

Étudiant à l’École des Beaux-Arts à partir de 1951, Dominique Zimbacca suit les cours de l'atelier Chappey puis ceux de l'atelier de Jean Faugeron (en 1958). C'est probablement là qu'il rencontre Hervé Baley (1933-2010) avec qui il crée entre 1959 et 1960 l'Atelier d'Architecture et Aménagement. C'est dans ce cadre qu'ils réalisent une première maison à Cholet, dite maison Résibois. Leur collaboration dure quelques années, prenant le plus souvent la forme de création de mobiliers. En 1968, alors qu'Hervé Baley devient professeur à l’École spéciale d'Architecture et fonde l'atelier Sens et Espace, D. Zimbacca donne quelques conférences et fonde le groupe Art et Habitation où il dispense un enseignement informel. En 1968, il épouse Geneviève Fournier. En 1969, il est chargé de la construction du Centre Paroissial Jean XXIII à Saint Quentin (Aisne). C'est à partir des années 70 que son activité de constructeur se développe réellement tout en maintenant une intense activité de concepteur de mobilier (il collabore de façon exclusive avec deux menuisiers successivement, M.Jacobi puis Jacques Mauraisin). Il réalise sa première maison en 1979 à Corbeil-Essonnes, et l'en-tête de son papier à lettres indique alors " Dominique Zimbacca, architecte, création de maisons organiques-architecture d'intérieur-mobilier.".

1979 : Maison Michard à Corbeil-Essonnes (Essonne)

1979-81 : Mobilier de la maison Auriol (architecte Edmond Lay, né en 1930)

1982 : Inscription à l'Ordre des Architectes d'Ile-de-France

1987 : Participation au Salon de la Maison Individuelle, Palais des Congrès, Paris.

1988 : Maison Von Bredow, Yerres (Essonne) sur un terrain lui appartenant (également construction de la maison Bru et de la maison Andrès)

1989 : Maison Étienne, La Chapelle du Mont du Chat (Savoie)

1997 : Construction de sa propre maison à Tourouvre (Orne)

1999 : Mariage avec Lucienne Wack

2002 : Démission de l'Ordre des Architectes

2011 : Décès. Dominique Zimbacca est enterré à Tourouvre, aux cotés de sa première épouse Geneviève Fournier.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par travaux historiques

La villa Von Bredow fait partie d'un ensemble de quatre maisons construites sur un même vaste terrain qui appartenait à l'origine à la famille de Dominique Zimbacca. Les Von Bredow, séduits par l'idée de construire un "hameau Bellevue", commande ainsi leur maison à l'architecte, sur cette même rue de Bellevue.

La villa est à l'écart de la rue, en contrebas du terrain, et s'ouvre exclusivement vers le Sud. Elle observe un plan massé assez simple et géométrique : elle est en effet de plein pied, et ne dispose que d'un petit espace sous comble pouvant servir de chambre. Le plan au rez-de-chaussée observe une forme globale rectangulaire très allongée, avec une légère saillie sur la moitié de la façade Nord. La façade Sud est en revanche largement ouverte et laisse place à de grandes baies. Un grande avant-corps de plan triangulaire, qui accueille l'espace du séjour, jouxte en effet, un plus petit avant corps, également triangulaire. Ces deux extrémités de la villa Von Bredow sont couvertes d'impressionnants toits pyramidaux, à l'origine revêtus de shingle, et dont les pans vont presque toucher le sol. La façade Sud fait cependant figure d'exception car ses avant-corps largement vitrés viennent briser une des faces de ces deux volumes pyramidaux. L'avant-corps accueillant le séjour dispose même de sa propre toiture de forme rhomboïdale. Sa charpente se prolonge par une vaste pergola, elle-même soutenue par deux petites pyramides vitrées qui font office de vérandas. La toiture du corps principal reste donc plus sobre, mais garde tout de même de larges débords lambrissés qui ombragent les abords de cette façade Sud. Ils offrent ainsi des espaces de transition entre intérieur et extérieur.

L'entrée dans la villa se fait au centre de cette même façade. À droite un petit couloir dessert une salle de bain, puis une chambre, qui dispose de beaucoup de lumière grâce au petit avant-corps de plan triangulaire de la façade Sud. À gauche de l'entrée, le visiteur débouche sur un vaste espace de séjour ouvert, dont le centre est occupée par une imposante cheminée de plan cruciforme. Celle-ci dispose de deux foyers : un orienté vers le coin salon, espace surélevé d'une marche, et le deuxième orienté vers l'espace cuisine. À l'opposé de ces deux foyers, une grande table vient s'encastrer dans le manteau maçonné de la cheminée. Ces deux éléments se répondent parfaitement de par leurs matériaux : les étagères en bois de la cheminée, soulignées de plaques de laiton, répondent aux mêmes matières reprises pour la table-à-manger. Enfin, la mezzanine de la petite pièce sous comble vient embrasser le conduit de cette cheminée. Dans l'espace sous comble, des verrières à multiples pans jouent de retraits triangulaires et baignent l'espace entièrement lambrissé de lumière.

La grande géométrie triangulaire de la villa Von Bredow n'empêche aucunement de développer des espaces accueillants et chaleureux, par la grande place laissée à la charpente de la toiture. Elle est de plus baignée de lumière, et comme dans toutes les autres réalisations de Dominique Zimbacca, la cheminée centrale joue le rôle d'axe vertical autour duquel les diverses fonctions de l'espace ouvert s'articulent. La villa Van Bredow est aujourd'hui la seule maison du "hameau Bellevue" a avoir aussi bien été conservée, fidèlement à son état d'origine.

Murs béton enduit

Toit bitume
Étages en rez-de-chaussée, étage de comble
Couvertures toit en pavillon
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier droit, en charpente, suspendu, cage ouverte
Techniques maçonnerie
menuiserie

Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AM Yerres, service urbanisme, PC n°691.88.M.51.33. Arrêté de permis de construire du 17 janvier 1989.

Bibliographie
  • TISSOT Ambre. Dominique Zimbacca. Un architecte organicien dans la seconde moitié du XXe siècle. Mémoire d'étude de l’École du Louvre, sous la direction d'Alice Thomine-Berrada, conservateur en chef au Musée d'Orsay, mai 2017.

    p.26, 30, 35, 38-39, 46-47, 49, 52, pl. XXVII-XXXI, notice IV
Périodiques
  • Habitation, Yerres. D. Zimbacca. L'Architecture d'Aujourd'hui, juin-juillet 1969, n°144

    p.44
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Van Eynde Salomé
Salomé Van Eynde

Étudiante de l'École du Louvre et diplômée d'une licence de philosophie (université Sorbonne-Paris IV), Salomé Van Eynde est l'auteur d'un mémoire, soutenu en juin 2017, sur l'enseignement d'Hervé Baley à l'École Spéciale d'Architecture (1968-1990). Elle réalise un stage au sein du service de l'Inventaire de la région Ile-de-France en mai et juin de la même année, stage au cours duquel elle seconde la conservatrice du patrimoine Anne-Laure Sol dans ses recherches sur Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.