Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison Tardif, Ezanville

Dossier IA95000481 inclus dans Présentation de l’œuvre d'Hervé Baley (1933-2010) réalisé en 2016

Fiche

La maison d'Ezanville correspond au groupe de réalisations de l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement, créé au tout début des années 1960 par Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011). Elle est caractéristique des réalisations de ce groupe par de multiples aspects : le plan de l'édifice se déploie autour d'une imposante cheminée centrale qui forme un axe vertical autour duquel s'articule les différentes fonctions de la maison. En l'absence de cloisons, les pièces communiquent entre elles librement. L'uniformité du décor intérieur participe de cette même unité des espaces. En effet, un vocabulaire géométrique est décliné à travers un emploi exclusif du béton cellulaire et du bois. La figure du triangle omniprésente se retrouve alors à l'intérieur comme à l'extérieur de la maison. À Ezanville, une attention particulière est portée aux luminaires en bois de forme triangulaire fixés au plafond qui reprennent l'harmonie géométrique de la maison.

Comme la plupart des autres réalisations de cette période, la maison d'Ezanville a vu son environnement s'urbaniser très rapidement. Les intentions d'intégration dans le site ne sont donc plus lisibles aujourd'hui.

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Ézanville
Adresse : 53 rue du Chemin Vert
Cadastre : 2015 AI 01 61
Précisions

La maison d'Ezanville a subi de nombreuses modifications depuis sa construction. L'aspect de toiture originellement en shingle a été substitué par un couvrement d'ardoises et de zinc, matériau qui a postérieurement été apposé au sommet des murs longeant la maison. D'autre part, le muret bordant l'allée de la maison a été abaissé.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1965, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Baley Hervé, Michel, Marie,
Hervé, Michel, Marie Baley (17 mai 1933 - 5 octobre 2010)

Hervé Baley est un architecte français actif principalement en région parisienne à partir des années 1960. Élève de Georges-Henri Pingusson (1894-1978), puis à partir de 1954 de Jean Faugeron (1915-1983), il étudie dans les ateliers libres d'architecture de l'École des beaux-arts de Paris, où il rencontre son premier associé, Dominique Zimbacca (1928-2011). Tous deux fondent l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement (A.A.A.) entre 1959 et 1960, et Hervé Baley entame alors une carrière d'architecte-décorateur. Il aménage en effet un certain nombre d'appartements parisiens, et construit principalement des maisons individuelles en Ile-de-France. Daniel Ginat (1936- ) et Alain Marcoz (1932- ) sont alors devenus ses deux principaux associés. Sa ligne créatrice est profondément inspirée de Frank Lloyd Wright (1867-1959), qu'il admire beaucoup pour ses qualités spatiales intérieures, comme pour son souci de développer un rapport harmonieux avec le site extérieur dans lequel s'implante l'architecture.

L'agence d'Hervé Baley connaît par la suite une baisse d'activité, à mettre en lien avec les débuts en tant que professeur à l'École Spéciale d'Architecture (ESA). À la rentrée 1968, l'architecte est en effet recruté comme chef d'atelier dans cette école, et dirigera pendant plus de vingt ans, jusqu'en 1990, l'atelier Sens et Espace. Dans celui-ci, il s'attache à sensibiliser ses élèves aux principes de l'architecture organique héritée de Frank Lloyd Wright et développe une pédagogie basée sur l'expérimentation spatiale qui lui est propre. Lorsque l'enseignant se voit obligé de fermer son atelier d'architecture, Hervé Baley retrouve son activité exclusive d'architecte. La difficulté à obtenir de nouvelles commandes le pousse au milieu des années 1990 à partir s'installer à Marrakech, où il s'éteint en 2010, après avoir construit dans la région plusieurs villas.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, signature
Auteur : Marcoz Alain,
Alain Marcoz (1931 - 1993)

Alain Marcoz est architecte DPLG en 1962, après avoir suivi durant plus de dix ans les cours de l'École Nationale Supérieure de l'École des Beaux-Arts (ENSBA), à Paris. Élève de Pierre Vivien, d'Henri Larrieu, puis de Xavier Arsène-Henry, il rejoint l'agence d'Architecture et d'Aménagement d'Hervé Baley quelques années après l'obtention de son diplôme. Avec Daniel Ginat comme troisième associé, ils réalisent jusqu'à la fin des années 1960 plusieurs projets, principalement des habitations individuelles ou collectives, en Ile-de-France. Alain Marcoz quitte par la suite l'agence d'Hervé Baley, et réalise plusieurs projets en son nom propre, comme la clinique des Charmilles à Arpajon (Essonne).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, signature
Auteur : Ginat Daniel,
Daniel Ginat (1936 - 2007)

Daniel Ginat, architecte DESA (1958), est un des principaux associés d'Hervé Baley (1933-2010) au sein de l'agence l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement. Créé entre 1959 et 1960 par Hervé Baley et Dominique Zimbacca (1928-2011), cet atelier connaît plusieurs changements d'associés au cours des années 1960 et 1970, mais Daniel Ginat demeure le compagnon de route le plus fidèle d'Hervé Baley. Associés avec Alain Marcoz jusqu'à la fin des années 1960, ils réalisent tous trois plusieurs constructions en Ile-de-France, dont la plupart se destinent à une fonction résidentielle, individuelle ou collective. Daniel Ginat, entré en 1963, quitte l'agence bien plus tard, au début des années 1980 et construit par la suite quelques projets personnels : un immeuble d'habitations à Viroflay, mais aussi sa propre maison de vacances à Brignogan, village familial de sa femme, Maryvonne, qui n'est autre que la sœur de la femme d'Hervé Baley, Françoise.

Daniel Ginat multiplie les voyages très tôt. Après avoir passé son baccalauréat en mathématiques au collège Sainte-Barbe à Paris, le futur architecte part dans un premier temps en Grèce, puis rentre à l’École Spéciale d'Architecture (ESA). Un stage organisé sur les bords de la mer Noire en Turquie lui suffit pour tomber amoureux de la culture turque et du Moyen-Orient de manière générale. À l'ESA, il fait également la connaissance de Farah Diba (née en 1938), aussi étudiante en architecture. Des liens d'amitié se tissent, et tous deux entreprennent un voyage de la Turquie jusqu'à l'Afghanistan, sur les traces des villes zoroastres. Il sera également un des compagnons de voyage de son futur beau-frère, Hervé Baley, en 1963, lorsque tous deux partent avec le Dr Frédérick Leboyer aux États-Unis, durant un mois, sur les traces de Frank Lloyd Wright. Par la suite, Baley et Ginat se rendent à de nombreuses reprises à Konya, lors des cérémonies annuelles soufies turques.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, signature

La maison est édifiée au centre d'une parcelle étroite de petites dimensions dont elle occupe toute la largeur. Elle se développe selon un plan en X et s'élève sur trois niveaux (sous-sol, rez-de-chaussée et premier étage). Les deux façades côté rue et côté jardin, sont ceintes de murs latéraux se prolongeant au delà de la construction elle-même. Au moment de sa réalisation, cette maison n'était pas mitoyenne, les murs débordants des façades latérales jouaient donc un rôle esthétique qui était alors davantage perceptible. Par un jeu de gradation, ils soulignent les limites de la parcelle et s'élèvent jusqu'à épouser la pente du toit. Les façades rue et jardin sont quant à elles formées de deux pans perpendiculaires orientés vers l'intérieur de la maison. Côté rue, l'intersection de ces pans est matérialisé par une arrête en saillie maçonnée qui prolonge un axe central couronné par une imposante cheminée. Côté jardin, cette arête en saillie a été utilisée par les architectes pour réaliser une véranda. La toiture rhomboïdale épouse le plan en X de la maison : elle offre un subtil jeu de losanges qui se déploie sur toute la surface de la couverture à double pentes.

L'intérieur de la maison offre un plan en X dont les espaces ouverts sont organisés autour d'une imposante cheminée centrale. Le rez-de-chaussée répartit ainsi autour de son foyer les espaces du séjour et de la cuisine. Un escalier central accolé à la cheminée permet d'accéder à l'unique étage de la maison. Ce second niveau conserve le plan en X du rez-de-chaussée, et accueille dans ses quatre bras les quatre chambres de l'étage. Deux puits de lumière, percés le long des façades latérales font communiquer les différents niveaux de la maison, de ses baies aménagées sur le faîte du toit jusqu'aux espaces intérieurs du rez-de-chaussée.

Le décor, d'une grande uniformité, emploie principalement, à l'intérieur comme à l'extérieur, le béton Siporex recouvert d'un enduit blanc. D'autre part, certains éléments (huisseries, plafond, rampe d'escalier) sont soulignés de lambris de bois clair. Construit à partie d'un vocabulaire exclusivement composé de lignes verticales et horizontales, l'ensemble présente un aspect géométrique d'une grande sobriété dont le triangle est la figure prédominante.

Murs béton enduit
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, sous-sol
Couvertures toit rhomboïdal
Escaliers escalier dans-oeuvre, cage ouverte
Techniques maçonnerie
menuiserie
Représentations représentation non figurative, triangle
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • BALEY, Hervé, H. Baley, D. Ginat, A. Marcoz, Aujourd'hui : Art et Architecture, septembre 1966, n°54 France 1, p.64

    L’architecture est le moyen de situer l’individu

    dans un contexte vital.

    C’est le geste de créer un lieu,

    qui lui donne la possibilité d’être chez lui

    dans le cadre environnant,

    qui le situe par rapport à ce cadre

    et le situe par rapport à lui-même.

    En cela seulement réside le réel confort.

    C’est le geste d’accueillir.

    C’est faire que la forme accueille l’espace

    et l’espace la lumière ;

    que l’intérieur accueille l’extérieur

    et que l’extérieur exalte l’intérieur.

    C’est la faire fleurir l’espace

    au moyen de la lumière

    et des formes.

    L’œuvre bâtie comme une plante se développe.

    Il n’y a que le développement de formes

    et espaces se développant :

    démarche que l’homme décide par son geste

    et dans son geste accompagne.

    Le geste est l’efflorescence de la géométrie

    dans lequel elle s’épanouit et s’exalte

    devenant vivante et spatiale ;

    ainsi qu’il en est sa parure

    il est sa raison d’être, sa richesse, son langage.

    L’œuvre architecturée est en continuel changement

    selon les respirations diverses de la vie ;

    elle est elle-même vie et devenir ;

    elle ne peut donc

    ni s’inscrire dans une définition

    ni s’ériger en théorie.

    Elle est ambiance et non image.

    Image : proposition définie

    qui est prisonnière d’elle-même et qui emprisonne,

    expression d’un moment

    dans une époque,

    dans un style,

    dans une mode.

    Telles furent depuis la Renaissance

    avec leur semblant de révolutions

    nos fiertés architecturales.

    Une image ne sera jamais que belle ou laide.

    Une ambiance sera toujours évocatrice.

    L’architecture est incantation et évocation ;

    son essence est analogie,

    sa recherche est connaissance de la vie,

    son expression est poésie,

    son verbe est hors du temps.

    Hervé Baley.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AM Ezanville, service urbanisme, PC V.O.78-5-91.432, Arrêté de permis de construire du 8 mars 1966.

Bibliographie
  • EMERY, Marc, GOULET, Patrice. Guide architecture 1945-1983. Paris : Groupe Expansion, Architecture d'Aujourd'hui, 1983.

    p.88
  • VAN EYNDE Salomé. Hervé Baley et l'espoir d'une autre architecture : d'un enseignement à l'autre. Mémoire d'étude de l'Ecole du Louvre, sous la direction d'Alice Thomine-Berrada, conservatrice en chef au Musée d'Orsay, Mai 2017.

    annexe 7
Périodiques
  • BALEY, Hervé, GOULET, Patrice, H.Baley, D.Ginat, A.Marcoz, Aujourd'hui: Art et Architecture, septembre 1966, n°54, France I, p.64-81.

    p.72-73
  • LOMBARDET, Annick. Hervé Baley et Dominique Zimbacca. Architectes précurseurs et visionnaires. Les Cahiers d'IFMA-France, juin 2016, n°24, Une approche expérimentale : l'atelier Sens Espace, couverture.

    p.7
  • GOULET, Patrice, GINAT, Daniel. Quatre habitations. Région parisienne. H. Baley, D. Ginat, A. Marcoz. L'Architecture d'Aujourd'hui, juin-juillet 1969, n°144

    p.47
  • EMERY Marc, MATAOUCHEK Victorine, Paris-guide, L'Architecture d'Aujourd'hui, juin-juillet 1968, n°138, p.99-104.

    p.103
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Van Eynde Salomé
Salomé Van Eynde

Étudiante de l'École du Louvre et diplômée d'une licence de philosophie (université Sorbonne-Paris IV), Salomé Van Eynde est l'auteur d'un mémoire, soutenu en juin 2017, sur l'enseignement d'Hervé Baley à l'École Spéciale d'Architecture (1968-1990). Elle réalise un stage au sein du service de l'Inventaire de la région Ile-de-France en mai et juin de la même année, stage au cours duquel elle seconde la conservatrice du patrimoine Anne-Laure Sol dans ses recherches sur Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.