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Maison Fraysse, Saint-Maur-des-Fossés

Dossier IA94000560 inclus dans Présentation de l’œuvre d'Hervé Baley (1933-2010) réalisé en 2017

Fiche

La maison de Saint-Maur correspond au groupe de réalisations de l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement, créé au tout début des années 1960 par Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Saint-Maur-des-Fossés
Adresse : 30 avenue des Sapins
Cadastre : 2015 000 X 01 104
Précisions
Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1966, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Baley Hervé, Michel, Marie,
Hervé, Michel, Marie Baley (17 mai 1933 - 5 octobre 2010)

Hervé Baley est un architecte français actif principalement en région parisienne à partir des années 1960. Élève de Georges-Henri Pingusson (1894-1978), puis à partir de 1954 de Jean Faugeron (1915-1983), il étudie dans les ateliers libres d'architecture de l'École des beaux-arts de Paris, où il rencontre son premier associé, Dominique Zimbacca (1928-2011). Tous deux fondent l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement (A.A.A.) entre 1959 et 1960, et Hervé Baley entame alors une carrière d'architecte-décorateur. Il aménage en effet un certain nombre d'appartements parisiens, et construit principalement des maisons individuelles en Ile-de-France. Daniel Ginat (1936- ) et Alain Marcoz (1932- ) sont alors devenus ses deux principaux associés. Sa ligne créatrice est profondément inspirée de Frank Lloyd Wright (1867-1959), qu'il admire beaucoup pour ses qualités spatiales intérieures, comme pour son souci de développer un rapport harmonieux avec le site extérieur dans lequel s'implante l'architecture.

L'agence d'Hervé Baley connaît par la suite une baisse d'activité, à mettre en lien avec les débuts en tant que professeur à l'École Spéciale d'Architecture (ESA). À la rentrée 1968, l'architecte est en effet recruté comme chef d'atelier dans cette école, et dirigera pendant plus de vingt ans, jusqu'en 1990, l'atelier Sens et Espace. Dans celui-ci, il s'attache à sensibiliser ses élèves aux principes de l'architecture organique héritée de Frank Lloyd Wright et développe une pédagogie basée sur l'expérimentation spatiale qui lui est propre. Lorsque l'enseignant se voit obligé de fermer son atelier d'architecture, Hervé Baley retrouve son activité exclusive d'architecte. La difficulté à obtenir de nouvelles commandes le pousse au milieu des années 1990 à partir s'installer à Marrakech, où il s'éteint en 2010, après avoir construit dans la région plusieurs villas.


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architecte, signature
Auteur : Marcoz Alain,
Alain Marcoz (1931 - 1993)

Alain Marcoz est architecte DPLG en 1962, après avoir suivi durant plus de dix ans les cours de l'École Nationale Supérieure de l'École des Beaux-Arts (ENSBA), à Paris. Élève de Pierre Vivien, d'Henri Larrieu, puis de Xavier Arsène-Henry, il rejoint l'agence d'Architecture et d'Aménagement d'Hervé Baley quelques années après l'obtention de son diplôme. Avec Daniel Ginat comme troisième associé, ils réalisent jusqu'à la fin des années 1960 plusieurs projets, principalement des habitations individuelles ou collectives, en Ile-de-France. Alain Marcoz quitte par la suite l'agence d'Hervé Baley, et réalise plusieurs projets en son nom propre, comme la clinique des Charmilles à Arpajon (Essonne).


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architecte, signature
Auteur : Ginat Daniel,
Daniel Ginat (1936 - 2007)

Daniel Ginat, architecte DESA (1958), est un des principaux associés d'Hervé Baley (1933-2010) au sein de l'agence l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement. Créé entre 1959 et 1960 par Hervé Baley et Dominique Zimbacca (1928-2011), cet atelier connaît plusieurs changements d'associés au cours des années 1960 et 1970, mais Daniel Ginat demeure le compagnon de route le plus fidèle d'Hervé Baley. Associés avec Alain Marcoz jusqu'à la fin des années 1960, ils réalisent tous trois plusieurs constructions en Ile-de-France, dont la plupart se destinent à une fonction résidentielle, individuelle ou collective. Daniel Ginat, entré en 1963, quitte l'agence bien plus tard, au début des années 1980 et construit par la suite quelques projets personnels : un immeuble d'habitations à Viroflay, mais aussi sa propre maison de vacances à Brignogan, village familial de sa femme, Maryvonne, qui n'est autre que la sœur de la femme d'Hervé Baley, Françoise.

Daniel Ginat multiplie les voyages très tôt. Après avoir passé son baccalauréat en mathématiques au collège Sainte-Barbe à Paris, le futur architecte part dans un premier temps en Grèce, puis rentre à l’École Spéciale d'Architecture (ESA). Un stage organisé sur les bords de la mer Noire en Turquie lui suffit pour tomber amoureux de la culture turque et du Moyen-Orient de manière générale. À l'ESA, il fait également la connaissance de Farah Diba (née en 1938), aussi étudiante en architecture. Des liens d'amitié se tissent, et tous deux entreprennent un voyage de la Turquie jusqu'à l'Afghanistan, sur les traces des villes zoroastres. Il sera également un des compagnons de voyage de son futur beau-frère, Hervé Baley, en 1963, lorsque tous deux partent avec le Dr Frédérick Leboyer aux États-Unis, durant un mois, sur les traces de Frank Lloyd Wright. Par la suite, Baley et Ginat se rendent à de nombreuses reprises à Konya, lors des cérémonies annuelles soufies turques.


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architecte, signature

Cette maison de 115m2 est construite sur une parcelle étroite et est mitoyenne d'autres habitations. Réalisée sur un terrain plat orienté Est-Ouest, elle se compose d'un rez-de-chaussée et d'un étage. Les murs sont réalisés en brique pleine apparente et les planchers en dalles de Siporex, et la couverture en bastaing. Cette maison est très inspirée de la Robbie House, réalisée par Frank Lloyd Wright en 1906-1909, un des exemples les plus caractéristiques de la période Prairie Houses. Ici, malgré l’exiguïté du terrain, les architectes sont parvenus à créer une impression d'espace et de fluidité. La maison est séparée de la rue par un mur de clôture dont le soubassement est en brique, surmonté d'une clairevoie en bois. Le plan en L se fonde sur une trame carrée à partir de laquelle s'imbriquent plusieurs volumes géométrique : deux volumes carrés superposés et un volume rectangulaire disposé perpendiculairement. L'aspect de la maison est dominé par des lignes horizontales, des toits plats et des plans intérieurs ouverts. Les architectes ont choisi d’utiliser des matériaux naturels : la brique, le bois, le fer. Du côté droit, la façade antérieure se caractérise par la superposition de trois toits plats à larges débords séparés les un des autres par des fenêtres en bandeaux. Ils recouvrent une partie du premier étage et de la pièce principale et protègent ainsi l'accès à la porte principale placée en retrait. Le rez-de-chaussée est en partie recouvert d'un parement en bardage de bois. L'emplacement des fenêtres du salon est marqué par un jeu de briques disposées en piles irrégulières. Le côté gauche de la façade adopte un ordre plus classique, le rez-de-chaussée est recouvert d'un parement de brique et le premier étage, en retrait, d'une bardage de bois. La façade postérieure présente au rez-de-chaussée de longues baies vitrées séparées les unes des autres par des menuiseries, et à l'étage un bardage de bois percé de fenêtres en bandeaux. A l'intersection des deux volumes du plan en L de la maison se trouve une curieuse avancée triangulaire (où se trouvait initialement une terrasse qui a été fermée). Là aussi, les larges débords des toits plats signalent et protègent les différents niveaux de l'habitation.

L'intérieur de la maison s'organise autour d'une pièce principale rendue très lumineuse par la superposition des différents niveaux de fenêtres bandeaux sur trois de ses côtés. Cette pièce ouvre à la fois sur la rue et sur le jardin et se déploie autour d'une cheminée centrale en briques rouges. La salle de séjour est de plain pied, et il faut descendre deux marches pour arriver au niveau qui correspond au sol du jardin.

On accède à l'étage par un petit escalier et les pièces sont desservies par un couloir étroit. Hors la pièce qui était originellement une terrasse, les pièces ne portent pas la marque d'un souci décoratif particulier ou ont été très modifiées.

Murs brique enduit
Toit bois en couverture
Plans plan régulier en L
Étages 1 étage carré
Couvrements
Couvertures
Escaliers escalier intérieur
Techniques maçonnerie
menuiserie
Représentations représentation non figurative, triangle
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • BALEY, Hervé, H. Baley, D. Ginat, A. Marcoz, Aujourd'hui : Art et Architecture, septembre 1966, n°54 France 1, p.64

    L’architecture est le moyen de situer l’individu

    dans un contexte vital.

    C’est le geste de créer un lieu,

    qui lui donne la possibilité d’être chez lui

    dans le cadre environnant,

    qui le situe par rapport à ce cadre

    et le situe par rapport à lui-même.

    En cela seulement réside le réel confort.

    C’est le geste d’accueillir.

    C’est faire que la forme accueille l’espace

    et l’espace la lumière ;

    que l’intérieur accueille l’extérieur

    et que l’extérieur exalte l’intérieur.

    C’est la faire fleurir l’espace

    au moyen de la lumière

    et des formes.

    L’œuvre bâtie comme une plante se développe.

    Il n’y a que le développement de formes

    et espaces se développant :

    démarche que l’homme décide par son geste

    et dans son geste accompagne.

    Le geste est l’efflorescence de la géométrie

    dans lequel elle s’épanouit et s’exalte

    devenant vivante et spatiale ;

    ainsi qu’il en est sa parure

    il est sa raison d’être, sa richesse, son langage.

    L’œuvre architecturée est en continuel changement

    selon les respirations diverses de la vie ;

    elle est elle-même vie et devenir ;

    elle ne peut donc

    ni s’inscrire dans une définition

    ni s’ériger en théorie.

    Elle est ambiance et non image.

    Image : proposition définie

    qui est prisonnière d’elle-même et qui emprisonne,

    expression d’un moment

    dans une époque,

    dans un style,

    dans une mode.

    Telles furent depuis la Renaissance

    avec leur semblant de révolutions

    nos fiertés architecturales.

    Une image ne sera jamais que belle ou laide.

    Une ambiance sera toujours évocatrice.

    L’architecture est incantation et évocation ;

    son essence est analogie,

    sa recherche est connaissance de la vie,

    son expression est poésie,

    son verbe est hors du temps.

    Hervé Baley.

Références documentaires

Bibliographie
  • EMERY, Marc, GOULET, Patrice. Guide architecture 1945-1983. Paris : Groupe Expansion, Architecture d'Aujourd'hui, 1983.

    p.124
  • VAN EYNDE Salomé. Hervé Baley et l'espoir d'une autre architecture : d'un enseignement à l'autre. Mémoire d'étude de l'Ecole du Louvre, sous la direction d'Alice Thomine-Berrada, conservatrice en chef au Musée d'Orsay, Mai 2017.

    annexe 7
Périodiques
  • GOULET, Patrice, GINAT, Daniel. Quatre habitations. Région parisienne. H. Baley, D. Ginat, A. Marcoz. L'Architecture d'Aujourd'hui, juin-juillet 1969, n°144

    p.47
  • BALEY, Hervé, GOULET, Patrice, H.Baley, D.Ginat, A.Marcoz, Aujourd'hui: Art et Architecture, septembre 1966, n°54, France I, p.64-81.

    p.79
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


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- Van Eynde Salomé
Salomé Van Eynde

Étudiante de l'École du Louvre et diplômée d'une licence de philosophie (université Sorbonne-Paris IV), Salomé Van Eynde est l'auteur d'un mémoire, soutenu en juin 2017, sur l'enseignement d'Hervé Baley à l'École Spéciale d'Architecture (1968-1990). Elle réalise un stage au sein du service de l'Inventaire de la région Ile-de-France en mai et juin de la même année, stage au cours duquel elle seconde la conservatrice du patrimoine Anne-Laure Sol dans ses recherches sur Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).


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