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Maison D. Villiers-sur-Morin

Dossier IA77000936 inclus dans Présentation de l’œuvre d'Hervé Baley (1933-2010) réalisé en 2016

Fiche

La maison D. à Villiers-sur-Morin correspond au groupe de réalisations de l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement, créé au tout début des années 1960 par Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011). La villa est caractéristique des réalisations de l'agence au cours de cette décennie : usage du béton Siporex et du bois, plan ouvert avec cheminée centrale, jeu de variations décoratives et structurelles sur les figures géométriques du carré et du triangle, intégration des maisons dans leur site et recherche d'unité entre intérieur et extérieur.

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Villiers-sur-Morin
Précisions
Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1964, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Baley Hervé, Michel, Marie
Hervé, Michel, Marie Baley (17 mai 1933 - 5 octobre 2010)

Hervé Baley est un architecte français actif principalement en région parisienne à partir des années 1960. Élève de Georges-Henri Pingusson (1894-1978), puis à partir de 1954 de Jean Faugeron (1915-1983), il étudie dans les ateliers libres d'architecture de l'École des beaux-arts de Paris, où il rencontre son premier associé, Dominique Zimbacca (1928-2011). Tous deux fondent l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement (A.A.A.) entre 1959 et 1960, et Hervé Baley entame alors une carrière d'architecte-décorateur. Il aménage en effet un certain nombre d'appartements parisiens, et construit principalement des maisons individuelles en Ile-de-France. Daniel Ginat (1936- ) et Alain Marcoz (1932- ) sont alors devenus ses deux principaux associés. Sa ligne créatrice est profondément inspirée de Frank Lloyd Wright (1867-1959), qu'il admire beaucoup pour ses qualités spatiales intérieures, comme pour son souci de développer un rapport harmonieux avec le site extérieur dans lequel s'implante l'architecture.

L'agence d'Hervé Baley connaît par la suite une baisse d'activité, à mettre en lien avec les débuts en tant que professeur à l'École Spéciale d'Architecture (ESA). À la rentrée 1968, l'architecte est en effet recruté comme chef d'atelier dans cette école, et dirigera pendant plus de vingt ans, jusqu'en 1990, l'atelier Sens et Espace. Dans celui-ci, il s'attache à sensibiliser ses élèves aux principes de l'architecture organique héritée de Frank Lloyd Wright et développe une pédagogie basée sur l'expérimentation spatiale qui lui est propre. Lorsque l'enseignant se voit obligé de fermer son atelier d'architecture, Hervé Baley retrouve son activité exclusive d'architecte. La difficulté à obtenir de nouvelles commandes le pousse au milieu des années 1990 à partir s'installer à Marrakech, où il s'éteint en 2010, après avoir construit dans la région plusieurs villas.


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La maison D. est construite à l'extrémité d'une longue parcelle en pente et possède donc un point de vue en hauteur sur son terrain. Un petit garage au plan en losange se situe en contrebas, à proximité immédiate de la rue.

L'habitation s'étage dans la pente et s'élève sur trois niveaux, déployés en quinconce. Une cheminée centrale, de plan rhomboïdal, constitue l'axe vertical de la maison, par lequel les étages se rejoignent et s'articulent. Dans un souci de reproduire la figure du losange de la cheminée, l'angle à 45° se retrouve à maintes reprises dans le plan de cette maison.

L'entrée se fait par le rez-de-chaussée. Immédiatement à sa droite se trouvent deux premières chambres, en face une buanderie et une salle d'eau, et à sa gauche, une volée de marches mène au premier étage. Cet espace, ouvert sur le jardin par de nombreuses baies, dispose également d'une terrasse de plan triangulaire s'appuyant directement sur le terrain. Le premier étage accueille le coin salon, au pied de la cheminée, le coin salle-à-manger, pour lequel Hervé Baley et ses associés dessinent la table et ses chaises, et enfin la cuisine. Une nouvelle volée de marche permet d'accéder au dernier étage, desservant les espaces plus intimes des deux dernières chambres, avec dressing et salle de bain. Le toit plat du rez-de-chaussée se transforme alors en terrasse, accessible depuis une des chambres de cet étage. Enfin, la maison est coiffée d'un toit en pente douce à pans multiples. Sa couverture en cuivre offre une couleur verte originale, qui diffère des aux autres réalisations de l'Atelier d'Architecture et d'Aménagement où l'usage du shingle prédomine.

La maison D. n'a connu que très peu de modifications depuis sa réalisation. Elle fait appel aux caractéristiques des réalisations d'Hervé Baley : usage quasi exclusif des blocs de béton Siporex, dessinant sur ses façades un sobre décor de refends, bois présent aussi largement, à l'intérieur qu'à l'extérieur. La cheminée centrale, axe névralgique de la maison est le point d’articulation des espaces. La présence de larges baies ouvrants sur le jardin environnant, ainsi que les larges débords du toit affirment l'intégration de la maison dans son site.

Murs béton parpaing de béton enduit
Toit cuivre en couverture
Plans plan régulier
Étages rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Couvertures toit à plusieurs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Techniques maçonnerie
menuiserie
Représentations représentation non figurative, triangle
Précision représentations

La figure du triangle est déclinée à l'intérieur comme à l'extérieur de la maison. Une attention particulière est portée aux luminaires de forme triangulaire et réalisés en bois qui reprennent l'harmonie géométrique de la maison.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • BALEY, Hervé, H. Baley, D. Ginat, A. Marcoz, Aujourd'hui : Art et Architecture, septembre 1966, n°54 France 1, p.64

    L’architecture est le moyen de situer l’individu

    dans un contexte vital.

    C’est le geste de créer un lieu,

    qui lui donne la possibilité d’être chez lui

    dans le cadre environnant,

    qui le situe par rapport à ce cadre

    et le situe par rapport à lui-même.

    En cela seulement réside le réel confort.

    C’est le geste d’accueillir.

    C’est faire que la forme accueille l’espace

    et l’espace la lumière ;

    que l’intérieur accueille l’extérieur

    et que l’extérieur exalte l’intérieur.

    C’est la faire fleurir l’espace

    au moyen de la lumière

    et des formes.

    L’œuvre bâtie comme une plante se développe.

    Il n’y a que le développement de formes

    et espaces se développant :

    démarche que l’homme décide par son geste

    et dans son geste accompagne.

    Le geste est l’efflorescence de la géométrie

    dans lequel elle s’épanouit et s’exalte

    devenant vivante et spatiale ;

    ainsi qu’il en est sa parure

    il est sa raison d’être, sa richesse, son langage.

    L’œuvre architecturée est en continuel changement

    selon les respirations diverses de la vie ;

    elle est elle-même vie et devenir ;

    elle ne peut donc

    ni s’inscrire dans une définition

    ni s’ériger en théorie.

    Elle est ambiance et non image.

    Image : proposition définie

    qui est prisonnière d’elle-même et qui emprisonne,

    expression d’un moment

    dans une époque,

    dans un style,

    dans une mode.

    Telles furent depuis la Renaissance

    avec leur semblant de révolutions

    nos fiertés architecturales.

    Une image ne sera jamais que belle ou laide.

    Une ambiance sera toujours évocatrice.

    L’architecture est incantation et évocation ;

    son essence est analogie,

    sa recherche est connaissance de la vie,

    son expression est poésie,

    son verbe est hors du temps.

    Hervé Baley.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AM Villiers-sur-Morin, service urbanisme, PC n° 77-4-33.220. Arrêté de permis de construire du 1er décembre 1964.

Bibliographie
  • VAN EYNDE Salomé. Hervé Baley et l'espoir d'une autre architecture : d'un enseignement à l'autre. Mémoire d'étude de l'Ecole du Louvre, sous la direction d'Alice Thomine-Berrada, conservatrice en chef au Musée d'Orsay, Mai 2017.

    annexe 7
Périodiques
  • BALEY, Hervé, GOULET, Patrice, H.Baley, D.Ginat, A.Marcoz, Aujourd'hui: Art et Architecture, septembre 1966, n°54, France I, p.64-81.

    p.70-71
  • GOULET, Patrice, GINAT, Daniel. Quatre habitations. Région parisienne. H. Baley, D. Ginat, A. Marcoz. L'Architecture d'Aujourd'hui, juin-juillet 1969, n°144

    p.47
  • EMERY Marc, MATAOUCHEK Victorine, Paris-guide, L'Architecture d'Aujourd'hui, juin-juillet 1968, n°138, p.99-104.

    p.103
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Sol Anne-Laure
Anne-Laure Sol

Conservateur du patrimoine, service Patrimoines et Inventaire, Région Ile-de-France.


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- Van Eynde Salomé
Salomé Van Eynde

Étudiante de l'École du Louvre et diplômée d'une licence de philosophie (université Sorbonne-Paris IV), Salomé Van Eynde est l'auteur d'un mémoire, soutenu en juin 2017, sur l'enseignement d'Hervé Baley à l'École Spéciale d'Architecture (1968-1990). Elle réalise un stage au sein du service de l'Inventaire de la région Ile-de-France en mai et juin de la même année, stage au cours duquel elle seconde la conservatrice du patrimoine Anne-Laure Sol dans ses recherches sur Hervé Baley (1933-2010) et Dominique Zimbacca (1928-2011).


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