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fort de Vaujours

Dossier IA93000550 réalisé en 2012

Fiche

Précision dénomination de Vaujours
Appellations fort de Vaujours
Destinations fort militaire, centre de séjour surveillé (1939-1940), annexe de la poudrerie de Sevran (1947), centre d'études du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de 1956 à 1997
Parties constituantes non étudiées fort, batterie, fossé
Dénominations fort
Aire d'étude et canton Vaujours
Adresse Commune : Vaujours
Lieu-dit : Fort de Vaujours
Adresse : D 84 - route stratégique
Cadastre : OB-4-0436 ; BA 1 0043, 0047, 0048
Adresse Commune : Courtry
Adresse :
Précisions oeuvre située en partie sur la commune Courtry, 77

Après les sièges de Paris de 1870 et 1871, un consensus se forme rapidement sur la nécessité de moderniser l'Armée mais aussi le système défensif national. Le général Raymond Seré de Rivières, rapporteur du Comité de défense, en fixe le programme dès 1872. Il faut « créer sur la frontière qui s'étend de Calais à Nice, en arrière de cette frontière et jusqu'à Paris, un système défensif général en tenant compte des conditions de la guerre moderne, des effectifs mis en ligne, de l'importance des chemins de fer et des progrès de l'artillerie ». Ce plan national pour le nord-est de la France, de Lille à Lyon, se décline autour de la capitale en lien avec la Grande ceinture permettant de relier tous les forts de 1840. A cette doctrine générale s'ajoute bientôt un débat plus technique où s'affronte la théorie du « système restreint », défendue par Adolphe Thiers et Pierre Denfert-Rochereau et celle du « système étendu » pensée notamment par Eugène Viollet-le-Duc. Ce dernier promeut une ligne de fort de 126 km qui est finalement adopté. Cette ligne se développe en trois groupements géographiques. Au nord, de Cormeilles à Stains, au sud-ouest, de Palaiseau à Marly-le-Roi et à l'Est, de Vaujours à Villeneuve Saint-Georges. 18 forts, 5 redoutes et 34 batteries sont construits entre 1874 et 1881. Conçu en « deuxième urgence », entre 1876 et 1882, le fort de Vaujours est la tête de pont des forts de l'Est défendant les plateaux. C'est, en effet, ces hauteurs que les Allemands avaient utilisé pour bombarder les forts de 1840, trop près de Paris, et bloquer les sorties de la capitale.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1876, daté par source
Auteur(s) Auteur : Seré de Rivière Raymond, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Viollet-le-Duc Eugène, architecte, attribution par source

Situé sur l'extrémité nord-est du plateau de Montfermeil, à 130 m de haut environ, le fort de Vaujours s'étend sur 9 hectares mais sur une emprise totale de 46 hectares. Plus largement et de façon tout à fait stratégique, il prend place entre les voies ferrées des chemins de fer du nord et de l'est et les voies d'eaux que sont le canal de l'Ourcq et la Marne. Le fort de Vaujours est lui-même flanqué de deux batteries relié par des remparts avec traverses. Ces deux batteries ont vocation à compléter la défense dans des zones à faible visibilité au sein du fort. L'une est tournée vers la vallée de la Marne et l'autre vers la Plaine de France. Le plan du fort, comme tous ceux de sa génération, prend acte de la modernisation de l'armement permettant longue portée et tirs plongeants. De fait, le fort est essentiellement une batterie d'artillerie de grandes dimensions, la défense rapprochée étant seulement assurée par le fossé qui l'entoure. Le fort de Vaujours présente l'originalité d'être une hybridation des différents types de cette génération. « Il possède la caserne sur cour fermée des forts isolés, les deux crêtes de feu du modèle à cavalier et un massif central non armé». « C'est un pentagone régulier à deux fronts, deux flancs et une gorge entouré d'un fossé de 12 m de large défendu par une caponnière double ». Il est un des rares forts ayant conservé sa tourelle cuirassée, dite de Mougin. Cette tourelle rotative de 6 m de diamètre abritait un canon de 155 mm de long. La maçonnerie de moellons est partout la règle, qu'il s'agisse des casemates, des magasins à poudre, des remparts, ou des casernes. Ces dernières furent détruites en 1944 par les troupes allemandes en retraite. Les batteries auraient également subi des destructions dans ces circonstances. Les conséquences de la guerre de 1870, la seconde guerre mondiale, les prémices de l'indépendantisme dans les colonies d'afrique du nord sont autant d'événements historiques majeurs liés au fort de Vaujours, au-delà même de son intérêt historique intrinsèque qui témoigne d'une phase majeure de construction des fortifications de Paris. Par ailleurs, le fort de Vaujours et ses différentes composantes constituent un site urbain et paysager exceptionnel à l'échelle de la commune. Bien situé, mieux préservé que de nombreux forts de la même génération, le fort de Vaujours recèle des espaces de grande qualité (rempart, fossé notamment) et offre des vues intéressantes sur son environnement immédiat. Il est un des rares forts ayant conservé sa tourelle cuirassée, dite de Mougin. Cette tourelle rotative de 6 m de diamètre abritait un canon de 155 mm de long.

Typologies fort militaire de type Seré de Rivière
États conservations état moyen
Précision dimensions
Le fort de Vaujours s'étend sur 9 hectares, mais sur une emprise totale de 46 hectares.
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil général de Seine-Saint-Denis - Pouvreau Benoît
Benoît Pouvreau

Chargé de mission, Département de Seine-Saint-Denis, Service du patrimoine culturel.


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