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Fort de Cormeilles-en-Parisis

Dossier IA95000421 réalisé en 2014

Fiche

Au cœur du domaine régional des buttes du Parisis se trouve un édifice à demi enterré, masqué par la végétation et recouvert de terre : le fort de Cormeilles-en-Parisis. Ce joyau de l'architecture militaire appartient à la seconde ceinture de forts érigés sous l'égide du général Séré de Rivières pour défendre Paris après la défaite de 1871. Venez ici découvrir ce site à la poésie singulière, qui a également joué un grand rôle dans la protection de la capitale durant la Grande Guerre.

L'étude d'inventaire a été suivie de l'organisation d'un colloque qui a donné lieu à une publication Actes du colloque régional 9-10 octobre 2014. Paris : Somogy éditions d'Art, 2015.

L'ensemble de l'étude est accessible dans la rubrique Documentation - Liens web (en bas de page).

Précision dénomination de la deuxième ceinture
Appellations dit fort de Cormeilles-en-Parisis
Parties constituantes non étudiées redoute, batterie, caserne, magasin de munitions, poudrière, enceinte, double caponnière
Dénominations fort
Aire d'étude et canton Ile-de-France
Adresse Commune : Cormeilles-en-Parisis
Lieu-dit : La Montagne
Adresse : rue du Fort
Cadastre :

Le fort de Cormeilles-en-Parisis appartient à la seconde couronne de forts érigés sous l'égide du général Séré de Rivières pour défendre Paris après la terrible défaite de 1871. Classé dans la catégorie des ouvrages de première urgence à bâtir immédiatement après la promulgation de la loi du 27 mars 1874, il est considéré comme prioritaire car il doit remplir une triple mission : protéger la route de Paris à Rouen, interdire l'accès aux quatre voies ferrées reliant Poissy, Conflans-Sainte-Honorine, Pontoise et L'Isle-Adam à la capitale et contrôler la plaine d'Argenteuil, zone de cultures maraîchères indispensable dans le cas d'un nouveau siège. Il est le premier à être achevé dans le secteur Nord, ou "chefferie de Saint-Denis". Ses plans sont approuvés dès le 2 mai 1874 par le Ministère de la Guerre. Il est construit entre 1874 et 1877 en partie avec des matériaux locaux par les entrepreneurs Tullet et Marc et Fils et Jacob Frères, établis à Cormeilles. En 1879, le fort compte 64 pièces d'artillerie. En 1881, sa défense rapprochée est améliorée par la construction d'un mur d'escarpe semi-détaché de six mètres de haut, pourvu de créneaux et d'un chemin de ronde pour l'infanterie. Après la "crise de l'obus-torpille" (1885), le fort n'est ni cuirassé, ni même renforcé. D'importants travaux de modernisation sont prévus en 1902 et en 1911, mais ils ne sont pas réalisés faute d'argent. Durant la Première Guerre Mondiale, le fort de Cormeilles joue un rôle important dans le vaste dispositif du Camp retranché de Paris. A partir de 1915, il accueille un poste de Défense contre aéronefs (DCA) comprenant une section de deux canons de 75, une section de mitrailleuses et un projecteur. Après la Seconde Guerre Mondiale, le fort connaît plusieurs affectations successives : prison militaire (jusqu'en 1956), puis centre d'accueil pour les harkis algériens et leurs familles. En 1967, il est affecté au 23e régiment d'infanterie de marine et sert de centre d'initiation commando jusqu'au début des années 1980. Il appartient à la Région Île-de-France et à son Agence des Espaces Verts (AEV) depuis 1997.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Principale
Dates 1874, daté par source
Auteur(s) Auteur : Tullet , entrepreneur, attribution par source
Auteur : Marc et Fils et Jacob Frères , entrepreneur, attribution par source
Personnalité : Séré de Rivières , commanditaire, attribution par source

Situé à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Paris, dans le département du Val d'Oise, le fort de Cormeilles-en-Parisis se trouve au cœur de l'un des chaînons majeurs de la Ceinture verte de l'Île-de-France : le domaine régional des buttes du Parisis, massif boisé qui s'étend entre la vallée de la Seine et la forêt de Montmorency. Il occupe le sommet de la butte-témoin de Cormeilles, qui culmine à plus de 170 mètres au-dessus de la commune éponyme. Son plan affecte la forme d'un trapèze irrégulier, comme la plupart des ouvrages du système Séré de Rivières. Il est flanqué d'ouest en est, sur toute la longueur de la butte, de six batteries annexes (la batterie A du Moulin de Risquetout, la batterie B de la Borne de Marne, la batterie C de l'Etang, la batterie des Cotillons, la batterie D du Rond-Point et la batterie E du Château-Rouge) et d'une redoute (la redoute de Franconville), qui se déploient le long d'une route stratégique (l'actuelle départementale 222) en direction de Franconville. Le fort de Cormeilles, comme tous ceux dont la construction a débuté en 1874-1875, est du type "à cavalier". Il est composé d'un rempart surmonté de traverses espacées de plates-formes de tir pour l'infanterie et l'artillerie légère et, en son centre, d'un cavalier ou massif de terre abritant les casemates voûtées en pierre de la caserne et supportant des emplacements pour l'artillerie lourde à longue portée. L'entrée du fort s'effectue au sud, sur la gorge. Après avoir franchi la contrescarpe et le corps de garde avancé, la route d'accès à l'ouvrage conduit à sa porte, qui se trouve en fond de fossé et est défendue par un pont mobile intérieur et une grille. Cette entrée se distingue par son décor : contreforts massifs, meurtrières aveugles, attique surmonté d'un crénelage, porte à arc surbaissé, voussure reposant sur des culots sculptés, contraste volontairement travaillé entre l'appareil en pierre de taille du bâtiment et les gros moellons de meulière à joints rubanés du mur d'escarpe. Depuis cette entrée, un passage couvert conduit vers la caserne des officiers (première cour). Cette caserne présente trois niveaux d'élévation et sept travées. La travée centrale comporte une originalité : elle abrite, au second étage, une chapelle. Il s'agit du seul exemple d'affectation explicite d'une pièce à un usage cultuel dans un fort Séré de Rivières. Cette chapelle se reconnaît, en façade, à ses baies jumelées et cintrées. Le fronton de la caserne des officiers porte une horloge. Les élévations sont rythmées par un ordre colossal de pilastres et par des jeux de polychromie obtenus par l'alternance de la brique rouge et du calcaire blanc. Un autre passage couvert, situé sous la caserne des officiers, conduit à la seconde cour, sur laquelle donne la caserne de la troupe, couverte d'un épais matelas de terre. Elle pouvait héberger jusqu'à 1096 soldats. Son élévation, également ordonnancée, se développe sur trois niveaux et onze travées. Deux magasins à poudre voûtés en berceau en plein cintre se trouvent de part et d'autre. Ils sont entourés d'une galerie-enveloppe qui les protège de l'humidité. Le cavalier porte douze traverses reliées entre elles par un couloir enterré. Quant au rempart de l'artillerie, il en porte seize. Ce sont toutes des traverses-abris, creuses, qui comportent un abri de combat pour le peloton et des munitions. Au nord-est du fort, sur le front de tête, se trouve une caponnière, en saillie sur l'escarpement et en bout d'alignement. Elle est double (car elle bat deux fossés) et constituée d'une enfilade de cellules à voûtes surbaissées au 1/6e.

Murs meulière moellon
calcaire pierre de taille
béton
Toit terre en couverture
Étages 2 étages carrés, en rez-de-chaussée
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau segmentaire

Élévations extérieures élévation ordonnancée
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour
États conservations bon état
Techniques
Statut de la propriété propriété de la région, Propriété de l'Agence des Espaces Verts de la Région Île-de-France depuis 1997.
Intérêt de l'œuvre à signaler
(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Philippe Emmanuelle
Emmanuelle Philippe

Conservateur du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


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