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Dodécaèdre

Dossier IA93000633 inclus dans Cimetière intercommunal des Joncherolles réalisé en 2016
Dénominations monument
Aire d'étude et canton Pierrefitte-sur-Seine
Adresse Commune : Villetaneuse
Adresse : 95 rue Marcel-Sembat

Le dodécaèdre figure déjà sur les plans du dossier d’adjudication de l’ossuaire d’octobre 1971. Auzelle en précise le dessin pour le dossier d’adjudication de la sculpture elle-même, en mai 1973. L’œuvre est réalisée dans la foulée.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1971, daté par source
Auteur(s) Auteur : Auzelle Robert (architecte)

L’architecte place toujours une sculpture monumentale dans ses cimetières, le monument constituant, à ses yeux un « élément d’architecture participant de la composition d’ensemble ». Aux Joncherolles, outre les interventions artistiques qu’il initie, il dessine lui-même cette œuvre qu’il décrit ainsi : « Dans un patio situé au niveau des ossuaires collectifs, sur un socle de granit noir sur lequel s’écoule une légère nappe d’eau, se dresse un dodécaèdre dont les arêtes sont en acier inoxydable et à l’intérieur duquel se trouve un petit dodécaèdre en granit noir de Suède taillé dans la masse. Volonté d’expression du dedans et du dehors et matérialisation des contraires. Ce monument peut être vu de la plate-forme supérieure qui donne accès aux ossuaires individualisés ou au niveau du patio, en contre-bas, auquel on accède par quatre escaliers très étroits. »

Dans la brochure de présentation du cimetière imprimée lors de son ouverture, il explique son parti : « Le dodécaèdre, l’un des cinq corps platoniciens, le plus parfait, se prête à de multiples interprétations suivant les conceptions philosophiques ou religieuses de chacun. Pour moi, la combinaison d’un dodécaèdre en acier inoxydable enveloppant un volume identique en granit noir de Suède exprime l’imbrication et le dialogue de la forme matérielle éphémère et de la pensée résiduelle qui se transmet à travers les générations ».

« Platon attribuait au dodécaèdre le pouvoir d’incarner l’univers global ». Ainsi Auzelle choisit-il ce volume pour le cœur de sa composition articulant enfeus et ossuaires. Les premiers sont destinés aux inhumations en service ordinaire, pour 5 ans, avant que les restes ne soient placés dans les ossuaires collectifs avec ceux relevés des concessions plus longues, lorsque les familles ne souhaitent pas perpétuer le souvenir du défunt grâce à un ossuaire individuel. Dans son premier projet pour le cimetière, l’ossuaire était implanté dans un monument de plan circulaire, et évoquant en élévation une vis perpétuelle (des modules devaient être ajoutés au fil des années). Les murs auraient été recouverts des noms des défunts, constituant ainsi le « nécrologe » rêvé par l’architecte offrant l’éternité à tous, au-delà des sépultures. Contraint de revoir radicalement son projet et d’abandonner le concept de nécrologe, l’architecte cherche à maintenir sa volonté d’exprimer « ce caractère global de réunion de tous les morts ». Il choisit avec cette œuvre aux formes pures, placée dans un espace retiré difficilement accessible et propice à la méditaion individuelle une autre voie pour évoquer l’éternité et une certaine spiritualité à travers la simplicité dépouillée de contours parfaits.

Aujourd’hui, l’œuvre est un peu délaissée. La nappe d’eau n’est plus alimentée ; la mousse et une végétation sauvage envahissent le socle de granit.

Murs acier
granite
États conservations bon état
Mesures h : 4.0 m
la : 4.0 m
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • SIAF/CAPA. Fonds Robert Auzelle 242 IFA, Carton 51, affaire RA 17.

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel - Duhau Isabelle
Isabelle Duhau

Conservatrice du patrimoine, Région Île-de-France, service Patrimoines et Inventaire.


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