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aqueduc Médicis

Dossier IA00141350 réalisé en 2012

L'année 2013 a marqué le 400e anniversaire de l'aqueduc Médicis construit sur ordre de Catherine de Médicis afin d'amener à Paris les eaux de source captées à Rungis et aux alentours.

Sur le trajet de l'aqueduc, il reste aujourd'hui vingt-quatre regards en pierre de taille qui disposent tous d'un bassin de décantation, d'ouvertures d'aération (prenant parfois l'aspect d'une lanterne) et d'escaliers rejoignant la surface. L'eau de l'aqueduc arrivait à Paris dans le regard XXVII ou "maison du Fontainier". La bâtisse est d'abord utilisée pour loger les fontainiers et répartir l'eau entre le roi, le peuple et l'entrepreneur. Elle permet ensuite de stocker l'eau qui, à partir de là, alimente douze fontaines publiques rive gauche et deux fontaines rive droite.

Compte-tenu de l'intérêt historique de ce patrimoine et de son caractère régional, la Région Ile-de-France a décidé de participer au projet de l'Association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris historique, en assurant la campagne photographique et en accueillant l'ouvrage dans la collection "Parcours du patrimoine". Cette publication L'Aqueduc Médicis, des sources de Rungis aux fontaines de Paris. Karine Berthier (réd.), Pierre Housiaux (réd.), Laurent Kruszyk (phot.). Ed. Somogy éditions d'art, 2013. (Coll. Parcours du patrimoine, n°382) ainsi qu'une synthèse de l'étude sont consultables dans la rubrique Documentation en bas de page.

L'aqueduc avait déjà fait l'objet en 1996 d'un dossier d'inventaire IA94000310 aqueduc des eaux de Rungis, consultable sur la base Mérimée du Ministère de la Culture: http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/.

Aires d'études Ile-de-France
Adresse Commune : Rungis
Adresse Commune : Fresnes
Adresse Commune : L'Haÿ-les-Roses
Adresse Commune : Cachan
Adresse Commune : Arcueil
Adresse Commune : Gentilly
Adresse Commune : Paris

Annexes

  • IA00141350 - Synthèse de l'étude sur l'aqueduc Médicis

    L’aqueduc Médicis

    Le regard de la maison du Fontainier ou grand regard de l’Observatoire, vingt-septième du nom, récolte les eaux de nombreuses sources situées dans les environs de Rungis qui, parties de 75 m d’altitude, arrivent dans cette ultime station à 57 mètres, après avoir traversé le pont-aqueduc d’Arcueil, sur le tracé établi par les Romains.

    Effectués de 1613 à 1623, sur une idée d’Henri IV qui n’en verra pas la réalisation, puis à l’initiative de Marie de Médicis, ces travaux d’adduction d’eau devaient alimenter son palais du Luxembourg, et plus particulièrement le parc : jets d’eau, grottes et fontaines devaient rivaliser avec ceux des jardins de l’enfance italienne de la reine-mère, qui posa en 1613, en présence du roi Louis XIII et de toute la cour, la première pierre du grand regard de Rungis, où aboutissent les sources principales. Les autres, captées en 1651, comprenaient deux ensembles : celui de Rungis avec les aqueducs de Paray, de la Pirouette et de l’Église ; celui du Long-Boyau, entre l’Haÿ-les-Roses et Arcueil, où les eaux sont détournées par des pierrées à fleur de marne.

    L’aqueduc, construit par Jean Coing et son gendre Jean Gobelin, mesure près de treize kilomètres (12 956 m) entre le grand regard de Rungis, départ des sources, et la maison du Fontainier, regard du partage des eaux. Il consiste en une galerie voûtée en plein cintre. Grâce aux deux banquettes, bordant de part et d’autre la cunette, on peut marcher à pied sec sur toute sa longueur. Sa hauteur au-dessus de la banquette est de 5 pieds et demi (soit 1,75 m), sa largeur d’un mètre. Sa pente, qui n’est pas uniforme, est en moyenne de 1,4‰.

    Le pont-aqueduc sur la Bièvre, en pierre de taille, long de 379 mètres, se compose d'une alternance de neuf arcades en plein cintre et de parties pleines, variant de sept à neuf mètres d’ouverture, et soulignées par une solide corniche à modillons. L’entablement est surmonté d’un attique bordant la galerie extradossée en forme de toit et recouverte par des dalles. Elle est par ailleurs éclairée par des lucarnes distantes de douze mètres les unes des autres. Ses 77 robustes contreforts servent autant à l’ornement qu’à la solidité : Belgrand, au dix-neuvième siècle, les utilisera comme soubassements de l’aqueduc en meulière de la Vanne.

    Tout au long du parcours, les 27 regards contenaient des bâches ou réservoirs, destinées à recevoir les impuretés entraînées par le courant et constituaient un accès facile pour aller entretenir la canalisation. Un courant d'air naturel s'établissait entre eux, afin d'éviter la fermentation nuisible à la qualité de l'eau. Les regards qui ne disposaient pas de lanterne avaient une ouverture fermée d'une grille. La distance moyenne entre deux regards allait de 598 à 406 mètres en fonction du terrain. En outre, on avait construit 258 cheminées d’accès — par une échelle — closes de dalles et recouvertes de terre, pour simplifier la maintenance : la distance moyenne entre ces ouvertures est de 52,10 mètres.

    Dès le commencement des travaux, de nombreuses promesses de concessions avaient été accordées par le roi à des solliciteurs bien introduits : elles durent pratiquement toutes être révoquées. Avant même que le public ne soit pourvu, un certain nombre de particuliers comme les entrepreneurs de la construction et essentiellement des communautés religieuses, obtinrent une dérivation. Ce furent les Carmélites et les Capucines du faubourg Saint-Jacques, le Val-de-Grâce, les Chartreux et les Célestins, mais aussi le chancelier de Sillery, le président du Parlement Séguier, le surintendant des finances Marillac… La fraude, en outre, était loin d’être exceptionnelle. Beaucoup de ces privilégiés n’hésitaient pas à agrandir l’orifice de leur tuyau et même à vendre le surplus ainsi usurpé.

    De Rungis à Gentilly, dix-neuf regards sont encore en place en surface. Dans Paris intra-muros, seulement quatre sur les sept construits sont encore visibles. Il s’agit, outre le vingt-septième, du vingt-sixième, situé dans les jardins de l’Observatoire de Paris et du vingt-cinquième, que l’on aperçoit depuis l’avenue René-Coty, dans le jardin de l’hôpital de La Rochefoucauld. Le vingt-troisième est une reconstruction, datant de la fin des années 1990, faite sur le modèle du vingt-cinquième, au moment de l’aménagement de la ZAC Alésia-Montsouris.

Liens web

(c) Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Paris historique - Berthier Karine
Karine Berthier

Conservateur du patrimoine et archéologue.


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- Housieaux Pierre
Pierre Housieaux

Président de "Paris historique"


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